Actualités en 2012

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Marilyn Monroe

 Evocation de l’actrice devenue un mythe mondiale à travers les mémoires imaginaires de
Marilyn de Norman Mailer

Marilyn MonroeNous avons choisi de vous lire, cette année, en commémoration à cette superbe actrice qu’est Marilyn Monroe, des extraits d’un roman où son auteur Norman Mailer a été l’un des premiers à prêter sa voix à la star hollywoodienne. Car c’est elle qui parle, et le lecteur Philippe Gaessler sera enchanté de vous restituer, avec pudeur et volupté, ses pensées.

C’est Mailer qui tient la plume, et c’est Marilyn que l’on entend à travers la voix de Philippe.

- Un bon moment d’intimité à partager –

aux Editions Pavillons poche chez Robert Laffont

Pour le jubilé de la Reine d’Angleterre

 

Timbre reine d'angleterre

Nous vous proposons des extraits du roman d’Alan Bennett « La Reines des lectrices »

Une joyeuse farce qui est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.

« Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ?

aux éditions Denoël et d’Ailleurs traduit de l’anglais par Pierre Ménard.

Jean Jaques Rousseau: les rêveries du promeneur solitaire

Un spectacle de Philippe Gaessler accompagné par le Violoncelliste Jean-Michel GROUD

Jean Jacques Rousseau (les rêverie du promeneur solitaire)

Le Jean-Jacques des « Rêveries » est exemplaire et riche d’enseignement à l’égard des pensées que l’auteur put exprimer en lui-même au terme de son existence. Au gré de ses promenades, il observe les paysages, et la rêverie devient le miroir de l’âme « de l’homme selon la nature » et participe d’une quête de bonheur personnel commençant par l’oisiveté et l’observation des plantes et des fleurs qu’il rencontre sur son chemin.

- Propos -

A l’occasion du tricentenaire de la naissance du philosophe, nous présentons à nos auditeurs, la cinquième et la huitième promenade issues des « Rêveries » que l’auteur rédigea durant les deux dernières années de sa vie.

Dans ce recueil, J.J. Rousseau invente une forme littéraire sans précédent :
La rêverie poétique en prose. Une œuvre singulière qui présente les contradictions d’un homme solitaire, qui « rend compte des modifications de son âme ».

« Je me voyais au déclin d’une vie innocente et infortunée, l’âme encore pleine de sentiments vivaces et l’esprit encore orné de quelques fleurs, mais déjà flétrie par la tristesse et desséchée par les ennuis ».

L’auteur raconte le seul plaisir qu’on lui a laissé : Ce rapport immédiat de soi à soi. Les deux récits que nous avons choisis, mettent en relief la quête du bonheur et de la paix intérieure, et soulignent de façon récurrente la sociabilité naturelle de l’homme et sa misanthropie.

Ce sage philosophe mis à l’écart du monde, se dit « seul sur la terre », mais vit en plein cœur de Paris. Ces contradictions tiennent au caractère singulier et mélancolique de Jean-Jacques, se déclarant au début des rêveries « dans la plus étrange position où se puisse jamais trouver un mortel ». Il ne cesse de souligner combien il est « tout à rebours des autres hommes ». Son discours se rattache à la position que Rousseau a voulu occuper dans son siècle, en tant qu’écrivain et en tant que philosophe.

Dans les « rêveries » l’auteur exprime la persécution qui le frappe, étant trop exceptionnelle selon lui, pour être le simple fait des hommes. Elle est donc voulue par Dieu. Cette résignation est affichée dès la première promenade. Aucune des dix promenades n’est exempte de ces idées sombres malgré les brefs instants de bonheur qu’elles évoquent, dans le cadre de nature que Rousseau s’est choisi pour ses rêveries.

Cela dit, l’auteur tente de faire oublier le complot universel fomenté contre lui, et ses « rêveries » consistent à « convertir la douleur en volupté » par la toute-puissance du sentiment qui peut seul garantir la vérité de l’être. Tout ce travail de recomposition du passé que Rousseau appelle « rêverie », résulte du fruit de ses promenades, reproduisant le cours naturel de sa pensée. Il oppose la rêverie au travail intellectuel. « La rêverie me délasse et m’amuse, la réflexion me fatigue et m’attriste ; penser fut toujours pour moi une occupation pénible et sans charme… ».

Dans cet état d’esprit, la rêverie traduit l’accord parfait du moi et de la nature. Cette fusion s’obtient par la contemplation d’un paysage, l’observation des fleurs et des plantes, relatées dans la cinquième promenade. Dans sa démarche d’herboriste, la botanique est une autre manière de communier avec le monde. Par ce biais, Jean-Jacques retrouve un contact primitif avec la nature et un souvenir fidèle des « innocents plaisirs » de son jeune âge.

Le temps de la rêverie fait entrer le lecteur dans un espace affectif et psychologique particulier. Cette quête intimiste du bonheur a peu de chose à voir avec la rêverie romantique qui se confond avec l’état d’âme. Celle de Rousseau est une recherche du moi originel à travers le passé. Le rêveur ne renonce pas à décrire ses fantaisies et ses joies, mais il substitue à la création littéraire une activité psychologique, c’est l’avatar moderne du mot « rêverie » : Le fantasme.

« Ces heures de solitude et de méditation sont les seules de la journée où je sois pleinement moi et à moi sans diversion, sans obstacle et où je puisse véritablement dire être ce que la nature a voulu ».

La huitième promenade précise son idéal d’indépendance : « Réduit à moi seul, je me nourris il est vrai, de ma propre substance, mais elle ne s’épuise pas et je me suffis à moi-même ».

La cinquième promenade illustre pleinement cette autosuffisance recherchée dans la rêverie et s’achève sur le triomphe de l’imaginaire. Rousseau se sent transporté grâce à la confusion entre réalité et fiction dans cette retraite édénique de l’Ile Saint Pierre.

Ce texte qui a valeur de bilan, n’est pas présenté comme tel par Jean-Jacques Rousseau. Ce que l’on peut retenir de cette entreprise autobiographique, c’est l’élan de vitalité qui surgit d’une situation désespérée et qui permet au rêveur de dépasser les « froides et tristes rêveries » des premières promenades. Rousseau a réactivé dans ses déambulations d’herboriste, la métaphore mère nature. Ce paradis retrouvé, lieu de la véritable naissance du philosophe, apparaît comme une conjuration de la mort.

Musiques de Jean-Jacques Rousseau arrangées pour violoncelle seul par Jean-Michel Groud :

Ouverture : "Le devin du village"
Premier intermède : - Les consolations des misères de ma vie "adagio" - "les deux amies" - "pour Mlle Dormoy"
Entre les deux promenades : Le devin du village "Ariette"
Deuxième intermède : Le devin du village "à demi jeu" - "Ariette" autre interprétation - Les consolations des misères de ma vie "pour le Duc de Grammont"

Jean Jaques Rousseau: Les confessions

Une adaptation du livre sixième lue et interprétée par Philippe Gaessler

Un homme dans toute la vérité de la nature

Jean Jacques Rousseau Les confessions

« Ici commence le court bonheur de ma vie ». L’auteur inaugure ainsi le sixième livre de ses confessions, que j’ai choisi de vous lire. Cet épisode, situé au cœur de l’ouvrage, présente la fin d’une époque bénie. Le philosophe regrette le temps de sa jeunesse lointaine, nous révélant avec candeur et délicatesse, les secrets de sa nature profonde.

C’est le temps des promenades avec Madame de Warens lors de ses séjours aux « Charmettes ». Une femme qu’il aime tendrement et qu’il appelle « Maman ». C’est aussi sa rencontre, de nature plus sensuelle, avec Madame de Larnage sur la route de Montpellier. Son voyage et sa cure dans le sud de la France. Ce sera enfin le temps des désillusions et des questionnements qui forgeront son esprit. A la lueur de ses méditations, on découvrira un homme libre, indépendant, habité par le désir de s’instruire par lui-même. Un témoignage édifiant qui présente Jean-Jacques dans ses nouvelles aspirations spirituelles à l’aune d’une pensée qui bouleversera les idées de son temps et fera de lui l’inspirateur d’une révolution et l’artisan de la citoyenneté moderne. « Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme ce sera moi. » J.J Rousseau.

Œuvre éditée par Gallimard